« Tortues à l’infini », de John Green

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Aza, seize ans, n’avait pas l’intention de tenter de résoudre l’énigme de ce milliardaire en fuite, Russell Pickett. Mais une récompense de cent mille dollars est en jeu, et sa Meilleure et Plus Intrépide Amie Daisy a très envie de mener l’enquête. Ensemble, elles vont traverser la petite distance et les grands écarts qui les séparent du fils de Russell Pickett : Davis. Aza essaye d’être une bonne détective, une bonne amie, une bonne fille pour sa mère, une bonne élève, tout en étant prise dans la spirale vertigineuse de ses pensées obsessionnelles. Aza, Daisy, Davis, trio improbable, trouvent en chemin d’autres mystères et d’autres vérités, celles de la résilience, de l’amour et de l’amitié indéfectible.

Genre : Young adult

Edition : Gallimard jeunesse

Date de sortie : 10 octobre 2017

Nombre de pages : 340

Prix : 21€


 

Hello vous ! 

J’ai acheté ce roman quelques mois après sa sortie mais je l’ai vite noyé dans ma pal au vu de tous les mauvais avis qui étaient arrivés sur la blogosphère. A l’occasion d’un challenge « semaine à 800 pages » que je fais cette semaine, j’ai décidé de le sortirenfin– de ma pal et de le lire. Au bout de quelques pages, je savais déjà que ça allait être un roman que j’aime et je me suis vraiment demandé ce qu’on lui reprochait. Moi, j’ai aimé ce roman, avec ses perfections et ses défauts, je vous en parle en détails juste après.

* * *

Je tiens à commencer cet article en vous disant qu’il est définitivement un coup de cœur. J’avais vraiment peur de ne pas aimer vu toutes les mauvaises critiques que j’ai lu, mais finalement, j’ai aimé dès les premiers chapitres qui m’ont littéralement emballés. Si le résumé est assez moyen, on ne va pas se mentir, c’est aussi l’une des raisons pour laquelle j’ai traîné pour le lire, l’histoire elle, est tout autre. Elle peut paraître assez simple au premier abord, mais avec la plume de John Green, ça devient tout de suite très intéressant et « Tortues à l’infini » nous prend vraiment aux tripes, cette lecture m’aura faite ressentir tout un tas de choses, et c’est ça que j’aime dans la littérature ! Le côté enquête, énigmes déjà, était plutôt sympathique, même si au final ce n’est pas le moteur principal de l’histoire. C’était plaisant de se faire ses petits pronostics tout le long, chercher des indices etc… 

« S’inquiéter est la bonne façon de voir le monde. La vie est inquiétante. »

C’est extrêmement bien écrit, comme toujours avec cet auteur. Personnellement, je n’ai JAMAIS été déçue de John Green, je préfère plutôt dire que, comme beaucoup d’auteurs, il a écrit des choses moins bien, mais pas nulles non plus, il ne faut rien abuser ! Avec sa plume, il rend toujours ses phrases belles, bien tournées. C’est super fluide et ça se lit rapidement, je n’ai pas vu les pages défiler pour tout vous dire. Très vite, j’ai été happée par l’histoire, totalement plongée dedans. 

« On se rappelle son premier amour parce qu’il montre, il prouve qu’on est capable d’aimer et d’être aimé, que rien dans ce monde n’est mérité si ce n’est l’amour, que l’amour est à la fois le moyen de devenir une personne et la raison pour laquelle on la devient. »

Ce roman est un mélange de douceur et de douleur. Les deux écrits, mélangés, romancés, en font une histoire vraiment très belle. Parler des troubles mentaux est très important dans un roman young adult, il est nécessaire de montrer l’impact que ça peut avoir dans une vie, mais aussi dans l’entourage, de voir comment c’est perçu. Ce roman montre aussi à quel point ça peut aller loin, à quel point les névroses que l’on pense simples peuvent être très graves pour la personne malade. Ce n’est pas un sujet simple, mais l’auteur à su gérer ça d’une main de maître, comme toujours

C’est rempli de références en tout genre, et particulièrement à Star Wars, mais aussi à des auteurs classiques. J’ai tellement aimé retrouver des passages de « La tempête » et de « Hamlet« , de Shakespeare, qui sont mes deux préférés. Mais aussi à Charlotte Brontë, ou encore à la poésie. Tout ça renforce mon amour pour ce roman. J’ai plus qu’adoré le petit clin d’oeil à Hazel Grace de « Nos étoiles contraires« , avec le fait qu’Aza devait écrire à son poète préféré pour avoir des explications ! 

Evidemment, pas de romans de John Green sans des personnages excellents et très bien travaillés… Aza, le personnage principal, on pourrait la trouver fade, ennuyeuse, notamment face à la tornade Daisy, mais pour ma part, j’ai vraiment aimé que son personnage soit ainsi. Je trouve que ça renforce la gravité de ses troubles et la rend encore plus touchante. Evidemment, j’ai ressenti beaucoup de peine pour « Holminette », (j’adore ce surnom), mais comment peut-il en être autrement? Son histoire, ses névroses, ses doutes, ses peurs, sa maladie sont difficiles à lire et on ressent une telle douleur quand on lit son histoire… Sa détresse m’a vraiment faite mal au cœur, j’en ai même pleuré à la moitié du roman à peu près. Aza est un personnage très attachant malgré sa façade parfois froide et distante. 

« Si on garde les yeux tournés vers le ciel assez longtemps, on commence à mesurer sa propre infinitésimalité. »

Autre personnage que j’ai aimé, c’est celui de Davis, évidemment. Quand le roman a commencé, j’ai eu peur de ne pas accrocher avec son personnage, car j’avais peur que l’auteur l’ai fait trop à l’écart, superficiel et qu’il ne colle pas à l’univers du roman. Mais encore une fois, je me suis trompée et il fait parti de l’âme même de ce roman. J’ai aimé sa force de caractère, par rapport à ce qu’il vit, et surtout la force avec laquelle il veut mener son rôle de grand-frère à bien. Il y a en lui aussi, une grande fragilité qui m’a émue et étonnée. Au final, Davis n’est qu’un adolescent avec sur les épaules tout un tas de responsabilités bien trop grandes et lourdes à porter. C’est ce qui en fait probablement le personnage que j’ai préféré dans ce roman.

La partie romance quant à elle est mignonne, elle est young adult et elle ne m’a pas déplu, je ne l’ai pas trouvée trop enfantine. Elle est importante pour l’histoire et au final je l’ai trouvée touchante, même avec la fin assez surprenante.

Le seul point négatif que je peux trouver à ce roman, même si ça n’en est pas vraiment un, c’est la trop grosse ressemblance entre la mère de Aza et celle de Hazel dans « Nos étoiles contraires« . J’ai trouvé ça assez dommage de retrouver les mêmes traits de caractère, la même inquiétude permanente, jusqu’à la même phrase à un moment. Mais vu la qualité des autres personnages, je pardonne facilement ce petit point à l’auteur. 

« Tortues » à l’infini » est un roman qui m’a épatée par la qualité de ses mots. C’est un young adult qui mérite vraiment d’être lu, pour le message véhiculé, son romantisme, sa gravité. Ce roman est je pense le plus intime de l’auteur, qui nous transporte du début à la toute fin. 

P.S : Le titre à un sens, à vous de découvrir ce que c’est en le lisant…

« Ton maintenant n’est pas ton toujours. »

NOTE : 10/10


 

A très vite, 

Gaëlle

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